jeudi, 19 mai 2022

Le tabou palestinien des médias canadiens

Il y a plus de liberté d’expression concernant la Palestine en Israël que dans la presse canadienne.

Depuis des années, les journalistes canadiens les reportages sur les affaires internationales ont eu une lourde croix à porter, avec la question qui plane sur chaque argumentaire– quel est l’angle canadien?

À vrai dire, il n’y en a généralement pas un. Aujourd’hui, nous avons notre propre « angle canadien » lorsqu’il s’agit d’un point chaud régional particulier au Moyen-Orient : la Palestine. Je dois vous avertir, ne prononcez pas vraiment le mot à l’antenne de notre radiodiffuseur national, ou vous devrez peut-être présenter des excuses publiques pour votre « partialité ».

Oui, c’est vrai. Tout comme le journaliste des Premières Nations Duncan McCue a été contraint de le faire après avoir utilisé le terme tout en parlant avec le célèbre romancier graphique Joe Sacco, qui a écrit un ouvrage intitulé « Palestine ».

Après qu’un groupe conservateur pro-israélien appelé « Honest Reporting » s’est plaint – comme ils le font chaque fois qu’un journaliste canadien ose écrire pratiquement n’importe quoi sur le domaine qu’ils considèrent comme  » biaisé  » ou  » antisémite  » – – McCue a dû s’excuser à l’antenne, et le mot « Palestine » a été consciencieusement supprimé des émissions ultérieures.

Même si le mot Palestine est couramment utilisé par l’ONU, le New York City Times et même les médias israéliens comme Haaretz, dans le charmant Canada, notre diffuseur national l’a considéré comme verboten.

Bien que la plupart aient entendu parler du cas très médiatisé de la journaliste d’AP Emily Wilder, qui a été licenciée le mois dernier après des conservateurs comme le sénateur Tom Cotton et L’analyste Ben Shapiro l’a appelée pour un tweet pro-palestinien de ses années d’université, il existe des exemples beaucoup plus flagrants d’un tel harcèlement au Canada.

Non seulement il est désormais interdit par CBC/Radio-Canada de prononcer le mot « Palestine » à l’antenne, mais dans une tournure orwellienne, les journalistes de CBC ont également été informés de ne même pas prononcer le mot « Palestine » l’un à l’autre.

C’est évidemment pour minimiser le risque que quelqu’un puisse « composer ou le dire par erreur dans quelque chose qui est publié ou relayé », comme indiqué récemment dans Intercept.

Mais la chasse aux sorcières ne s’arrête pas là.

Des reporters de CBC traitant d’un article sur l’ancien ambassadeur du Canada en Israël travaillant pour Black Cube, une entreprise controversée du secteur privé composée d’anciens membres du Mossad et d’autres sociétés de renseignement israéliennes, ont été diffamés d’« antisémites , comme ils l’ont courageusement raconté dans leur récent rapport.

De plus, après que plus de 2 000 journalistes canadiens aient signé une lettre ouverte aux médias canadiens demandant une protection raisonnable et bien équilibrée du conflit israélo-palestinien lors de la bataille de Gaza le mois dernier (plutôt que celle de ce mois– je comprends , c’est difficile à suivre), 2 journalistes de CBC qui étaient signataires ont en effet été informés qu’ils ne pouvaient plus couvrir le conflit israélo-palestinien. Beaucoup d’autres ont été convoqués devant leur direction et interrogés, et plusieurs continuent de craindre des représailles supplémentaires.

Malheureusement, ce n’est pas nouveau. Pendant des décennies, les médias canadiens ont été intimidés par un lobby pro-israélien particulièrement puissant qui fait de la vie un enfer pour quiconque tente de mentionner la guerre.

En tant que jeune journaliste de presse, je me souviens d’avoir été appelé dans le bureau de mon rédacteur en chef à la fin des années 90 au milieu d’une salle de rédaction plutôt monochrome et d’avoir donné l’avertissement glacial : « Nous avons été contactés à votre sujet . »

Ayant en fait occupé ce poste– un emploi qui se terminerait quelques mois plus tard après une saison d’épithètes racistes utilisant mon ascendance libanaise entrecoupée d’étiquettes comme « Pocahontas »– seulement 3 semaines, je me suis demandé ce que ça a peut-être à voir avec. Quand j’ai demandé, tout ce qu’il a dit, c’est « cela a à voir avec votre fixation avec le Moyen-Orient ».

Évidemment, une histoire sur la célébration de la retraite d’un prêtre libano-canadien avait dérangé l’applecart.

Par coïncidence, la dernière histoire que j’ai écrite pour le journal concernait un centre pour femmes à Gaza que j’ai déposé quelques minutes avant d’être appelé sur le lieu de travail de ce même rédacteur en chef et renvoyé sans ménagement, car « ce n’était pas un excellent ajuster. »

Alors que j’ai réussi à prononcer le mot « Palestine » dans un documentaire de CBC Radio que j’ai produit sur les chrétiens palestiniens en 2006, une autre fonction commandée sur les militants à Bethléem a été supprimée parce que j’ai utilisé le mot interdit « mur » pour décrire le, eh bien, le mur, qui entoure le lieu de naissance du Christ, au lieu de « barrière de sécurité ».

Alors que pendant plusieurs années, des hommes juifs blancs qui n’avaient jamais été au Moyen-Orient se sont vu offrir un espace éditorial national pour écrire sur Israël et la Palestine, le fait que j’avais d’excellents grands-parents syriens chrétiens qui se sont enfuis au Canada à l’époque ottomane a fait de moi un narrateur peu fiable, même si j’avais vraiment résidé à Jérusalem où j’ai composé pour l’un des premiers publications conjointes israélo-palestiniennes post-Accord d’Oslo. En plus ça change.

Maintenant, des reporters de presse de sexe féminin racialisés comme la Canadienne irako-canadienne Nadine Yousif ont exprimé le fait qu’elles seraient distinguées pour avoir signé la lettre demandant une couverture plus juste sur Israël-Palestine et accusées de « prédisposition ».>

Tout comme les dinosaures qui surveillent les médias canadiens à la recherche de signes furtifs de la Palestine ont des chances avec une toute nouvelle génération d’activistes comme Independent Jewish Voices, les médias canadiens et le gouvernement fédéral sont également hors d’action avec un point de vue populaire à l’échelle nationale sur Palestine.

On pourrait espérer qu’en plus du harcèlement auquel sont confrontés les journalistes au Canada couvrant les questions autochtones et écologiques, le sort des journalistes couvrant Israël-Palestine peut également être noté dans les prochains rapports de pays d’organismes d’experts comme Reporters Sans frontières, le Comité pour la sauvegarde des journalistes et le CAJ, qui jusqu’à présent sont restés d’un silence perplexe sur la question.

Si leur silence en dit long, il n’augure rien de bon pour l’éternité. paysage médiatique canadien rétréci, où de nombreux reporters ont perdu leurs tâches au cours des dernières années.

Si les médias canadiens continuent d’être intimidés par des compromis orwelliens par des gens comme Honest Reporting et leurs semblables, l' »angle canadien » sur le Moyen-Orient sera de plus en plus minime, sans parler d’une honte à l’échelle nationale .

Comment se fait-il que les médias israéliens se réjouissent d’une plus grande souplesse d’expression en ce qui concerne la Palestine que leurs équivalents canadiens ?

Avertissement : Les perspectives exprimées par les auteurs ne reflètent les points de vue, les points de vue et les politiques éditoriales de TRT World.

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